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Chapitre 4 : Tentatives des Provençaux de chasser les Sarrasins de Provence

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- Contre les Francs, les Andalous utilisent souvent leur flotte
- Relations de l’Andalus avec la Chrétienneté pendant l’occupation du Fraxinet
- Un épisode important : l’affrontement diplomatique entre le khalife Abd-ar-Rahman III (An-Nacir) et l’empereur de Germanie Othon à propos du Fraxinet
- La fin du Fraxinet

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Contre les Francs, les Andalous utilisent souvent leur flotte

Alors qu’ils occupent la Provence, les Andalous ne cessent d’attaquer les Francs sur d’autres fronts : attaque des côtes du Languedoc en 908 et expédition en Gascogne, jusqu’aux portes de Toulouse, en 920 (1).

En 931, les Chrétiens réagissent en lançant une première expédition, soutenue par les Grecs, contre le Fraxinet. La forteresse sarrasine ne tombe pas, et les Sarrasins continuent à se manifester partout dans les Alpes. L’archevêque de Tours, Robert, y est tué lors de son retour d’un pèlerinage à Rome (2).

Dans leurs luttes contre les Francs, les Andalous utilisent souvent leur flotte : en 321(H) / 933(ApJC), la flotte part d’Alméria avec 15 bateaux à destination du pays des Francs, mais cette mission ne donne aucun résultat (3).
Deux années plus tard seulement, une importante flotte sort d’Alméria pour la même destination.
Elle comprend 40 navires, dont 20 brûlots chargés de naphte. En tout, il y avait 1000 soldats et 2000 marins.
La flotte fait escale à Majorque, avant de se diriger vers Anich (ou Inch ?), qui est en même temps un arsenal et un port francs.
Les Andalous brûlent et saccagent le port ce qui oblige la population à se réfugier dans les forts environnants. Le chef de la flotte andalouse envoie la nuit en avant-garde, 15 bateaux légers à Massanitt (il s’agirait de Marseille) (4).

Enfin à leur retour vers l’Andalus, les marins assiègent Barcelone. Puis ils se dirigent vers le fleuve Lobriqâtt (Llobregat). Après un combat important la flotte retourne à Tortosa avec un grand butin (5).

La contre-attaque des Francs ne tarde pas à venir.
En 324(H) / 935(ApJC), les Francs, profitant d’un soulèvement contre le khalife An-Nacir mené par le roi de Galice, allié au gouverneur musulman de Saragosse, attaquent, avec le gouverneur de Barcelone, la frontière nord de l’Etat andalou. Ils sont vaincus par les troupes d’An-Nacir (6).

En 940, en Provence, la victoire des Sarrasins à Fréjus et leur longue et lourde présence, poussent le comte Hugues de Provence à demander à l’empereur de Constantinople, Constantin VI, son beau-frère, de lui envoyer sa flotte qui est dotée de feux grégeois, l’arme la plus redoutable, à l’époque, contre les navires (7).
En été 942, les bateaux sarrasins massés à Ste-Maxime, Grimaud et Calvaire sont détruits et les troupes sarrasines refoulées vers la forteresse du Fraxinet (8).

Grenade sarrasine en terre cuite et pointe de javeline (photos J. Lacam)

Hugues aurait pu libérer le pays des Sarrasins. Mais, au même moment, il apprend qu’Adalbert (Bérenger II) marquis d’Ivrée, son rival à la couronne d’Italie, qui s’était enfui en Allemagne, se prépare à venir lui disputer le trône. Hugues pactise alors avec les Sarrasins qui, établis sur les passages et les cols des Alpes (col du Mont St-Bernard, col de Tende, etc.), le protègeront contre le marquis.

Le comté de Nice, qui dépend du royaume d’Arles, est attaqué et ravagé en 942, en même temps que la côte de Gênes. Les Sarrasins profitent aussi de la nouvelle conjoncture pour occuper Grenoble (en 945) avec la riche vallée du Graisivaudan (9).

En conséquence, après 942, les Sarrasins profitent de leurs nouvelles positions : « non seulement ils épousèrent les femmes du pays ; mais ils commencèrent à s’adonner à la culture des terres. Les princes de la contrée se contentèrent d’exiger d’eux un léger tribut ; ils les recherchaient même quelquefois »(10).

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Relations de l’Andalus avec la Chrétienneté pendant l’occupation du Fraxinet

Les relations entre le Khalife andalou ‘Abd-ar-Rahhman III (An-Nacir) (11) et les princes chrétiens, qu’ils soient d’Orient ou d’Occident, sont courantes (12). Elles sont régulées de temps à autre par des traités de paix.

En 328(H) / 939-940(ApJC), un accord de paix est signé entre le franc Suñer fils de Wilfredo, seigneur de Barcelone et de ses districts, et Abd-ar-Rahman An-Nacir, aux conditions de ce dernier. Il y eut aussi un accord de paix entre An-Nacir et Riquilda fille de Borrell, veuve de Odón, vicomte de Narbonne.
La paix est respectée par les chefs francs, dont Hugues de Provence. Celui-ci envoie une délégation à Cordoue, pour demander que des sauf-conduits soient accordés aux commerçants de son pays pour se rendre en Andalus. La réponse de Cordoue est positive. Cet accord est transmis à Nasr-ibn-Ahmad, gouverneur de Farakhchinit (il s’agit du Fraxinet) et aux gouverneurs des îles orientales (îles Baléares) et des ports andalous pour respecter les visiteurs en provenance de la Provence, ainsi que de leur permettre de commercer avec l’Andalus. A partir de ce moment-là leurs navires peuvent accoster en Andalus (13).
En 336(H) / 947(ApJC) [ou 338(H) / 949(ApJC)], des ambassades de l’empereur de Constantinople arrivent à Cordoue, où elles sont bien accueillies (14). Plus tard, des ambassades d’Othon de Germanie ainsi que celles du roi des Alamans (Alémanie), suivront les envoyés de Constantinople.
Enfin, notons l’arrivée à Cordoue de l’envoyé de Guido, fils d’Adelbert marquis de Toscane et demi frère de Hugues. Après Guido, arrive un envoyé du pape de Rome demandant la paix. Sa demande est acceptée (15).
Ainsi, de tous les côtés du monde chrétien, d’Orient et d’Occident, arrivent des envoyés à Cordoue. Et jusque vers la fin de l’occupation de la Provence par les Andalous, des ambassadeurs byzantins arrivent également à Cordoue (16).
Un texte de Mahhy ad-Din Ibn ‘Arabi [560(H) - 638(H)] décrit la réception d’un ambassadeur des Francs par le khalife. Le célèbre mystique met en évidence la distance qu’il y avait entre la magnificence du protocole et la modestie et l’humilité personnelle dans l’attitude et le comportement du khalife (17). Généralement, les envoyés auprès d’An-Nacir arrivent à Bajjana où ils sont reçus avant de rejoindre Cordoue (18).

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Un épisode important : l’affrontement diplomatique entre le khalife Abd-ar-Rahman An-Nacir et l’empereur de Germanie Othon à propos du Fraxinet

Abd-ar-Rahman An-Nacir est en négociations avec l’empereur de Germanie, à propos du Fraxinet.

En 950, An-Nacir envoie à Othon un évêque mozarabe (andalou chrétien arabisé) à la tête d’une délégation (porteuse d’une missive qui sera jugée insultante par Othon). La délégation restera prisonnière pendant 3 ans en Allemagne.

A la fin de cette période, Othon envoie à Cordoue le moine Juan de Gorze, avec une lettre écrite par le frère de l’empereur, l’archevêque de Cologne (19) .
Juan est accompagné d’un autre moine appelé Garamano. Ils arrivent avec leurs délégations à Cordoue en 954 (20). Le khalife ne reçut pas Juan de Gorze à cause de la teneur de la lettre.

Plusieurs mois plus tard, An-Nacir envoie d’abord un évêque mozarabe, appelé Juan, en mission auprès d’Othon (21), et puis, un deuxième émissaire, Recemundo d’Elvire, qui prend la route pour l’Allemagne au printemps 955. Ce deuxième émissaire est Rabi’ ibn Zayd al-Asquf al-Qurtubi (devenu plus tard évêque de Cordoue) qui retournera à Cordoue 2 ans plus tard (22).

Othon, qui entre temps doit faire face à des rebellions à l’intérieur de son royaume, fait toutes les concessions au khalife. Recemundo, accompagné cette fois du nouvel envoyé germanique Dudo de Verdun, arrive à Cordoue début juin 956 (23). Le khalife consent alors à recevoir Juan de Gorze, après une détention de trois ans, sans que le moine ait pu lui remettre la lettre, objet de tant de problèmes.
Et les Andalous ne changeront pas leurs relations avec le Fraxinet.

Golfe de Grimaud à l'époque de son occupation par les Sarrazins (carte de Jean Lacam) 

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La fin du Fraxinet

Othon, qui exerce son pouvoir sur la Provence, meurt sans remplir sa promesse (donnée en 968) de délivrer les chrétiens de l’emprise des Sarrasins.

Un événement important vient s’ajouter au précédent. Mayeul, originaire de Provence et abbé de Cluny en Bourgogne, est fait prisonnier par les Sarrasins à son retour d’une mission à Rome.
Cette affaire, qui cause une grande émotion chez les chrétiens, est le point de départ d’une croisade contre les Sarrasins (24). Guillaume 1er (qui est devenu comte de Provence en 968) lève une armée composée d’hommes de Provence, du Bas-Dauphiné et du Comté de Nice (25). A la tête de cette armée se trouve Gibelin de Grimaldi.
Un premier combat est livré en 970 près de Draguignan, à Tourtour, là où précisément, existe une tour élevée en mémoire de la bataille (26).
Cependant les Provençaux n’arrivent pas à prendre la citadelle du Fraxinet. Ils l’assiègent pendant deux ans, en s’installant sur la colline voisine, au Pigros. La tradition veut que le Fraxinet ait été pris en 973, suite à la trahison d’un commandant de poste sarrasin (27).
Mais que sont devenues les populations sarrasines vaincues ?
La plupart des Sarrasins sont massacrés. Mais il est probable qu’une partie fuit par la mer, vers la Sardaigne, la Corse, la Sicile ou l’Andalus. Certains échappent à la mort en devenant chrétiens et se fondent peu à peu dans la population.
D’autres, hommes, femmes et enfants, sont conduits vers les marchés d’esclaves d’Arles, de Marseille et de Narbonne (28).
Enfin, d’autres Sarrasins restent serfs et attachés au service, soit des églises, soit des propriétaires terriens, et « leur race se conserva longtemps »(29).

En 975, la présence des Sarrasins en Provence prend fin (30). Et en 976, meurt le khalife de Cordoue Al-Hakam II.

  Forteresse du Fraxinet (Musulmans et Sarrasins, Philippe Sénac, Paris, 1980, 146 p., p.85)

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fin du chapitre 4

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Notes du chapitre 4

(1) - Joseph Reinaud (1795-1867), Invasion des Sarrasins en France et de France en Savoie, au Piémont et en Suisse, pendant les 8ème, 9ème et 10ème siècles- d’après les auteurs chrétiens et mahométans, Paris, 1886, 324 pages, p. 164-166. Retour au texte

(2) - R. Poupardin, Le royaume de Bourgogne (888-1038), Paris, 1907, 510 pages, p. 91. Retour au texte

(3) - Ibn Hayyan, Al Muqtabas V (Article : Abd-ar-Rahman An-Nacir), texte arabe édité par P. Chalmeta, F. Corriente et M. Subh, Madrid-Rabat, 1979, 579 pages, p. 323-324. Retour au texte

(4) - Ibid, p. 366-367. Les Andalous attaquèrent de nombreux villages dont Al-Balatt al ‘ahmar et Al Jabal al ajrad. La flotte se dirigea ensuite vers le port de Qalat Marwan (Ibid, p. 367-368). Elle posa l’ancre dans le port d’Attaraf al ahrach. Des résistants sous la direction de Boul (ou Foul, ou Boubl) furent battus par les Andalous. Nous n’avons pas pu, pour l’instant, donner de correspondance à tous ces noms. Retour au texte

(5) - Ibid, p. 368. Retour au texte

(6) - Ibid, p. 379. Retour au texte

(7) - En 890, les Sarrasins avaient déjà mis à sac Fréjus. « Fréjus, ville alors assez considérable, parce que les navires continuaient encore à entrer dans son port, fut tellement maltraitée par les Sarrasins que la population entière fut obligée de s’expatrier, et qu’il n’y resta pas même de traces des propriétés. Il en fut de même de Toulon », Réf: Invasion des Sarrasins, o.c., p. 176. Retour au texte

(8) - Faut-il voir, dans cette intervention byzantine dont la flotte empêcha tout secours de parvenir aux assiégés, la raison du naufrage au 10ème siècle, de navires probablement musulmans, trouvés au large d’Agay et de l’île Ste Marguerite près de Cannes ? L’un d’eux, l’épave du Baitaignier, était chargé de céramiques médiévales de fabrication nord-africaine, et ne semble pas avoir coulé du seul fait de la tempête. Il aurait pu, selon une hypothèse, chercher à forcer le blocus, Réf: Histoires..., Bernard Nantet, édition Londreys, Paris, 1988, 143 pages, p.32. Retour au texte

(9) - Invasion des Sarrasins, o.c., p. 179-180. Retour au texte

(10) - Il paraît qu’un corps de sarrazins s’était établi dans Nice même. Au 19ème siècle, un quartier de la ville portait le nom de Canton des Sarrasins, Réf: Ibid, p. 180-181. On ne sait pas si aujourd’hui encore, ce quartier porte le même nom. Retour au texte

(11) - Abd-ar-Rahman An-Nacir régna de 300(H) / 912(ApJC) à 350(H) / 961(ApJC). Il est le premier émir andalou à porter le titre de khalife en 316(H) / 928(ApJC), après le constat de l’affaiblissement de l’Etat ‘abbasside, Réf: Liçan ad-Din al-Khatib, A’mal al a’lam, Beyrouth, 1956, 370 pages, p. 28.
Il n’est pas inintéressant de remarquer, que c’est dans la période où les Arabes occupaient le Fraxinet, que monta sur le trône à Cordoue, en 912, Abd-ar-Rahman An-Nacir. Son règne durera 50 ans. A son époque, Othon, empereur de Germanie, était le prince chrétien le plus puissant d’Occident. Retour au texte

(12) - Al Maqqari at-Tilimçani Ahmad, Nafh at-tib min ghusn al Andalus ar-ratib, Beyrouth, 1968, 8 volumes, vol. I, p.353-354, citant Ar-Razi (historien andalou mort en 273 (H) / 886 (ApJC). Al Maqqari meurt en 1041 (H) / 1631 (ApJC). Retour au texte

(13) - Al Muqtabas V (Article: Abd-ar-Rahman An-Nacir), o.c., p. 454. Retour au texte

(14) - Al Maqqari, o.c., vol I, p. 364;
-Ibn Idhari (mort en 1295), Al bayan al mughrib fi akhbar muluk al Andalus wal Mughrib (Histoire des rois de l'Andalus et du Maghreb , 4 volumes, Beyrouth , vol II, p. 215;
-Ibn Khaldoun Abd-ar-Rahhman (732-808 (H) / 1332-1406 (ApJC)), Kitab al ‘ibar..., 14 volumes, Beyrouth, 1981, Dar al Kitab al-Lubnani, vol 7, p. 309-311.
Depuis déjà longtemps, les empereurs de Constantinople avaient l’habitude d’envoyer des ambassades en Andalus. En 225(H) / 839(ApJC), l’empereur de Constantinople envoya un émissaire à Abd-ar-Rahman II [176(H) / 792(ApJC) - 238(H) / 852(ApJC)] pour lui demander son intervention auprès des princes abbassides dont il se plaignait, en particulier Al-Ma’moun et Al Mu’tacim, Réf: Ibn Khaldoun, o.c., vol 7, p. 282; Réf:Al Maqqari, o.c., vol I, p. 346-347. Retour au texte

(15) - Al Maqqari, o.c., vol I, p. 366. Les informations données par Al Maqqari sont des citations d’Ibn Khaldoun, Réf: Ibn Khaldoun, o.c., vol 7, p. 309-311. Retour au texte

(16) - C’est le cas, en 361(H) / 971(ApJC) de l’envoyé de Byzance auprès d’Al-Hakam, voir : Ibn Hayyan, Al Muqtabas (Article: Al Hakam), texte arabe édité par Ali Al Hajji, Beyrouth, 1983, 327 pages, p. 71. Retour au texte

(17) - Kitab muhadharat al-abrar wa muçamarat al akhyar fil adabiyyat wa nawadir al akhbar (Conversation des Pieux), Mahhy ad-Din Ibn ‘Arabi, Beyrouth, sans date, 2 tomes, t. 2, p.453-454. Retour au texte

(18) - Al Maqqari, o.c., vol I, p. 366.
Bajjana (Pechina) était la plus importante des localités occupées, dès les premiers jours, par les Arabes, en Espagne. La mission de ses habitants était de surveiller les côtes. Plus tard des marins s’installèrent à Bajjana à partir de laquelle ils sortaient vers les côtes franques, Réf: Al Hamiri (mort aux environs de 900), Ar-rawdh al mu’tar (Jardins parfumés), édité par Ihhsan ‘Abbas, 1ère éd. 1975, 2ème éd. 1980, Beyrouth, 846 pages, p.79-80. La ville perdit de son importance lorsque ‘Abd-ar-Rahman An-Nacir ordonna en 344(H) / 955 (ApJC) la construction, tout près de Bajjana, de la ville d’Alméria, avec un important arsenal. Et les deux villes devinrent deux ports importants de l’Andalus, aussi bien pour le commerce que pour la marine de guerre, Réf: Ta’rikh madinat Almariyya al islamiyya (Histoire d'Alméria), qa’idat ‘ouçtul al Andalus, As-Sayyd ‘Abd-al-Aziz Salim, 1969, Beyrouth, 210 pages, p.31-32. Retour au texte

(19) - L’envoyé d’Othon était le moine Jean de l’abbaye de Gorze, près de Metz. Le choix d’un lorrain s’explique par le fait que des commerçants lorrains, ceux de Verdun, par exemple, effectuaient des échanges avec des commerçants arabes d’Espagne. En 940, un marchand de Mayence, envoyé à Constantinople comme ambassadeur d’Othon, y avait rencontré des envoyés du khalife de Cordoue. Othon lui-même pouvait avoir des renseignements sur la cour du khalife par l’eunuque Salomon, qui avant de se rendre en Saxe avait séjourné en Andalus comme ambassadeur du basileus dans ce pays, Réf: Le royaume de Bourgogne, o.c., p. 94-95. Retour au texte

(20) - Francisco Simonet, Historia de los Mozarabes de España, Amsterdam, 1967, 976 pages, p.607. Les envoyés d’Othon arrivent chez An-Nacir en 342(H) / 953(ApJC), Réf: Ibn Idhari, o.c., vol 2, p. 218.
Selon Liutprand, l’objet de l’ambassade envoyée par Othon est de mettre un terme aux « dévastations commises par les Sarrasins de France et d’Italie », Réf: Invasion des Sarrasins, o.c., p. 194-195.
Selon la biographie de Juan de Gorze, le moine lorrain a pour mission d’obtenir un traité d’amitié et de paix qui mettra fin « aux dévastations des pirates sarrazins », Réf: Le royaume de Bourgogne, o.c., p.95). Retour au texte

(21) - Simonet, o.c., p.608. Retour au texte

(22) - Al Maqqari, o.c., vol I, p. 365; Ibn Khaldoun appelle ce Rabi’ : Rîfâ). Il s’agit de Recemundo d’Elvire devenu plus tard évêque de Cordoue en récompense de sa mission. Recemundo était un astronome renommé. Il eut les faveurs du khalife Al Hakam II, après avoir eu celles du père de celui-ci, le khalife ‘Abd-ar-Rahman An-Nacir. A la cour, à Francfort, Recemundo rencontre Liutprand, qui était secrétaire de Bérenger, roi d’Italie, et qui ayant perdu les faveurs de son souverain, passe à la cour de Othon. Il y eut une grande amitié entre les deux hommes. Recemundo pousse Liutprand à écrire l’histoire des empereurs et rois de son temps, qu’il terminera deux années plus tard, avec le titre de Antapodosis qu’il dédie à Recemundo, Réf: Simonet, o.c., p. 610. Retour au texte

(23) - Ibid, p. 611. Retour au texte

(24) - Mayeul est emprisonné avec un grand nombre de pèlerins et de voyageurs entre Gap et Embrun, région alors occupée par les Sarrasins, Réf: Invasion des Sarrasins, o.c., p. 201-205. Il est libéré en 972. Retour au texte

(25) - Ibid, p. 207. Retour au texte

(26) - La mer appartenant aux Sarrasins, les dangers pour eux, ne peuvent venir que des Provençaux regroupés, descendant des Hautes et Basses Alpes. Et c’est par la voie allant de Riez vers Draguignan, que les troupes de Guillaume se dirigent des Hautes-Alpes vers le Fraxinet, Réf: Lacam Jean, Les Sarrasins dans le Haut moyen âge français, Paris, 1965, 217 pages, p. 183-184). Garcin dit : « …Il paraît que les Barbares se soutinrent pendant plusieurs jours à Tourtour et qu’ils eurent le temps d’y ensevelir nombre de Maures de distinction morts aux premières affaires. Aussi l’on trouve près de la tour de Grimaud beaucoup de briques sarrazines fabriquées à la hâte et sur le lieu ». De vieux habitants du pays parlent de tombes de guerriers. Sur les lieux de la tour Grimaldi, on remarque l’emplacement d’un four, Réf: Ibid, p. 142-143. Non loin de Tourtour il y a un lieu-dit « Saignadou » qui veut dire en provençal « lieu où l’on égorge », ou encore « lieu où l’on se signe ». Retour au texte

(27) - La base sarrazine est détruite par Roubaud, frère du comte de Provence, avec l’aide de Arduino, marquis de Turin, Réf: B. Poupardin, Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933), Paris, 1901, 472 pages, p. 273. Retour au texte

(28) - Cet esclavage avait une sorte de caractère héréditaire puisqu’on retrouve, dans certains documents du 18ème siècle, des mesures favorables, dont sont exclus les esclaves sarrazins, Réf: Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 105. Retour au texte

(29) - Invasion des Sarrasins, o.c., p. 209-210. Retour au texte

(30) - On pense par ailleurs, que les Sarrasins restent encore établis dans les Alpes après 980, et même après l’an mille, Réf: Ibid, p. 212. Retour au texte

fin des notes du chapitre 4

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