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Chapitre 6 : Vestiges laissés par les Sarrasins en Provence (1)
(On s'est inspiré dans ce chapitre des travaux de Jean Lacam)

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- Introduction
- Vestiges dans le Var
- Les tours sarrasines dans le Var
- Industrie et agriculture
- Objets divers et danses…

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Introduction

A propos des traces laissées par les Sarrasins en Provence, les avis divergent. Selon Poupardin, les Sarrasins n’ont été que des pillards et des dévastateurs. Il compare leurs actions à celles des Normands sur les fleuves français (La Seine et La Loire) sous le règne de Charles II Le Chauve, roi de France de 823 à 877. Il ajoute que les ravages occasionnés par les Sarrasins en Provence sont pires que ceux perpétrés par les Danois quelque temps auparavant (2). Poupardin n’attribue, aux Sarrasins, aucun apport au développement de la civilisation dans le bassin du Rhône (3).

Quant à Reinaud, il voit, lui, de nombreux apports dûs à la présence sarrasine. Il signale, comme conséquence de l’occupation sarrasine, l’influence arabe sur la formation des langues d’oc et d’oil (4). S’agissant des Sarrasins, on pense généralement, dit-il, à leurs exploits et à leur puissance plutôt qu’aux maux causés par leur présence. On porte sur eux plutôt une « bonne opinion », contrairement aux Normands et aux Hongrois. C’est que, dit-il, les Arabes étaient porteurs d’une civilisation. Cette opinion a été propagée par l’intermédiaire des romans de chevalerie, ceux-ci étant le plus souvent d’influence arabe (5 & 6).
Enfin, les travaux de Jean Lacam, publiés en 1965, apportent une vision nouvelle en ce qui concerne la présence des Sarrasins en France, en particulier grâce à ses travaux archéologiques (voir également le chapitre 2 pour les vestiges à Narbonne).


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Vestiges dans le Var

Quelques noms cités dans le texte 

 

 Plusieurs lieux témoignent de la présence ou du passage des Sarrasins : La Garde, Hyères, Barbigeois, Maravieille, Montjean, la plaine de Mouries, etc. (7). Voyons quelques centres importants :

A Cogolin les Sarrasins ont longtemps séjourné.
A Ramatuelle on remarque ses petites rues étroites et ses remparts, ainsi que la Porte Sarrazine, appelée aussi Portail des Sarrasins.

Ce sont les Sarrasins du Fraxinet, qui ont été les premiers fondateurs du nouveau village de Gassin qui leur servit de poste fortifié.
A Gassin, on trouve de nombreuses portes bâties en arc d’ogive.
D’autre part, dans une vieille rue du village, on a découvert sur une pierre servant de linteau d’une porte, une inscription en arabe. Aujourd’hui le village a gardé une partie de ses fortifications. En fait Gassin n’est pas loin de Pampelonne, dans la baie de laquelle débarquèrent les Sarrasins à partir de 739 (8).

A Grimaud, on retiendra le canal Grimaud et la Fontaine des Maures (9). A Cabasse, on remarque les ruines d’un château bâti par les Sarrasins et les vestiges d’une muraille appelée Casteou-Sarrin. On peut voir à Cabasse une véritable maison avec ouvertures dans la crevasse d’un rocher à pic, qui porte le nom de Maison des Fées.

Favas est un petit village près de Draguignan, ruiné au 8ème siècle par les Sarrasins qui établirent, sur la montagne de Piol, à 800 mètres d’altitude, « un retranchement considérable encore visible aujourd’hui ». Près de Piol, on découvre un crassier de fer, des scories et du charbon: on peut penser à l’emplacement d’une forge ou même d’une fonderie. Découverte aussi d’un tesson vernissé du 8ème siècle (10).

Seillans est un village dont les armes possèdent un croissant et trois étoiles. Dans le nouveau village, il y a une porte dite Sarrazine. Elle serait l’un des plus anciens témoins de l’occupation sarrasine dans le Haut-Var.S’agissant des environs de Seillans, on a trouvé dans un cimetière sarrazin, des tessons en céramique de teinte grise, céramique qui ressemble à celle trouvée à Narbonne et qui est datée du 8ème siècle.
D’autre part, les observations faites sur les tombes, la Porte Sarrazine de Seillans et la céramique, laissent supposer que l’établissement des Sarrasins dans le village de Seillans et de ses environs daterait du 8ème siècle.

Non loin de Seillans, se trouve le village de Fayence avec sa Porte Sarrazine.

A Six-Fours, près de Toulon, il y a un puits semblable à ceux rencontrés à Fostat en Egypte, au Maghreb et en Espagne (11).

En 950, les Sarrasins attaquèrent Le Brusc, à 15 km de Toulon, mais furent sévèrement battus (12). Non loin de ce village, en 1963, on a effectué une plongée à l’endroit présumé du débarquement des Sarrasins (Pointe du Brusc, au lieu-dit Pointe de Gaou). Les plongeurs rapportèrent un plat profond en bronze décoré, avec des inscriptions arabes comparables à celles des 9ème et 10ème siècles. On suppose que cet ustensile servait à recueillir les aliments ainsi qu’aux ablutions rituelles

Au Beausset, un habitant a découvert, sous une grande dalle une hache bipenne en bronze dont la trace du manche en bois était de 85 cm. Cette hache est entièrement gravée sur les deux faces et porte sur toute la bordure, les deux lettres arabes (f) et (t) en alternance. Ces deux lettres peuvent former le mot (fata) qui veut dire brave, jeune officier. On pense que la hache daterait, au moins, du temps des Fatimides (13).

 

Notons enfin d’autres endroits de Provence qui contiennent des vestiges sarrazins physiques réels ou des vestiges disparus mais transmis par la tradition orale : Pierrefeu, Jabron, Luc, Vidauban, Salernes, Montferrat, Entrecasteaux, Lorgues, etc.

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Les tours sarrasines dans le Var

Ce sont des tours carrées, de 4 à 8 mètres de côté, la plus haute d’entre elles mesurant 25 m. Elles ne correspondent pas aux normes romaines.
Bâties directement sur le rocher, entièrement en pierre, de plan carré comme la plupart des tours arabes, elles sont orientées par les angles, disposition de type oriental. Ces tours sont ignifuges. Leurs portes, étroites et hautes, sont situées au premier étage jusqu’à 7 m du sol. Les tours n’ont aucune ouverture au rez-de-chaussée sauf celle de Sanary qui était entourée d’eau.

La plupart des mesures de ces tours sont des multiples de la coudée sarrasine ordinaire qui était de 0,47 m. Les tours servaient de magasin et de lieux de transmission de signaux entre elles (tour à feu). On communiquait par des signaux de feu la nuit, et de fumée le jour. A côté des tours proprement-dites, il existait des relais de chevaux pour les messageries et des pigeonniers d’Etat (parfois à l’étage supérieur même de la tour) pour transmettre et recevoir des messages par pigeon voyageur (14).

Voici la présentation de quelques-unes de ces tours.

La tour de Sanary (Commune d’Ollioules) était située sur le port, aujourd’hui à une trentaine de mètres du bord de l’eau. C’est la seule tour qui ait une porte à sa base. La tour servait au transit de marchandises (produits de l’arrière pays minier du Revest, et de Six-Fours).

La tour du Revest était à proximité de mines de fer, de cuivre, de plomb argentifère que recèlent le Mt-Caume, mines exploitées par les Romains et après eux par les Sarrasins. Elle aurait pu servir de dépôt de produits métalliques, comme sa voisine, la tour de Dardennes à laquelle le mot de “ forges ” est lié.

La tour de Taradeau, qui domine la plaine de l’Argens est située non loin de la voie romaine qui reliait Fréjus à Aix (15).

La tour de Tourtour, appelée aussi tour de Grimaldi, est actuellement un signal géodésique. Elle était le relais principal du système de signalisation du Fraxinet. On peut penser que la tour avait des magasins pour stocker les produits de la forêt : charbon de bois, goudron, résine, kermès.

La tour de Pénafort qui est la plus petite des tours décrites ici, servait de tour à feu (16).

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Industrie et agriculture

Dans les environs de la Garde-Freinet, il y avait des mines:
- de fer pour la fabrication d’outils divers, d’ioutils agricoles et d’armes;
- de galène (alquifoux) au lieu-dit Guillobets;
- de plomb argentifère entre la Garde-Freinet et Plan-de-la-Tour, au lieu-dit “ Trou des Sarrasins ”.
D’autres endroits sont à citer comme Puits Vallon et Puits Ste-Thérèse autour de Miramar et de La Garde-Freinet (17).

  A Notre-Dame de la Crau, près d’Hyères, en creusant les terres, on a trouvé une briqueterie de construction sarrasine et des tombeaux en briques avec des ossements.

D'autre part, au Revest, les Sarrasins exploitaient les mines de galène argentifère (18).
Dans la région du golfe de St-Tropez, les Sarrasins développèrent l’industrie d’extraction de la résine de pin, pour la transformer en goudron utilisé pour le calfatage de leurs bateaux. Aujourd’hui encore en Provence, ce goudron est appelé qitran, mot d’origine arabe (19). Lacam pense, par ailleurs, que la résine entrait dans la composition de la poix. Un lieu-dit la Péguière (au coeur des forêts, entre Collobrières et la Garde-Freinet, où sont signalées des ruines) est peut-être un des lieux où les sarrazins ont fabriqué la poix (poix = pègue, en provençal) (20).
On attribue aussi, aux Sarrasins, l’art d’exploiter le chêne-liège, très abondant dans la forêt, et qui a retenu d’eux, le nom de forêt des Maures (21).
L’exploitation du châtaignier fut introduite par les Sarrasins. Ces arbres dont certains, atteignent aujourd’hui, mille ans (donc datant de l’occupation sarrasine), fournissaient un complément de nourriture et un produit d’exportation.
Ces dernières années (à la St-Clément, le 23 novembre), une foire à La Garde-Freinet, réglait la commercialisation et la récolte des châtaignes (22).

 

Source: St Tropez, Histoires, Bernard Nantet, Paris, 1988, p. 67.

Il faut retenir aussi le blé noir ou blé sarrazin, introduit par les Sarrasins (23).
Egalement, les Sarrasins creusèrent de nombreux puits et de nombreux canaux (24).
Dans la région du golfe de St-Tropez, une race de chevaux, dite sarrasine, s’est maintenue pendant de nombreux siècles. Les Sarrasins, ont aussi renouvelé la race des chevaux du sud de la France, notamment ceux de la Camargue (croisement entre juments du pays et chevaux andalous) (25).

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Objets divers et danses…

Des manteaux de soie, des coffrets en ivoire et en argent, des verres de cristal ainsi que des armes de facture précieuse, se trouvent, encore aujourd’hui, en possession des églises et des aristocrates locaux (26).
Sur un autre plan, des chroniques parlent aussi de danses provençales dont l’origine remonte au temps des Sarrasins : danse des épées, des chivu frus, des oranges. La Mauresque et la Bravade sont deux danses, encore présentes, dans le folklore varois (27). On retient encore du séjour des Sarrasins en Provence, le souvenir de certaines de leurs danses, qui s’exécutent le soir et dans la nuit (28).
Monnaies trouvées en Provence
A Bormes-les-Mimosas, à Olbia (près d’Hyères), on a trouvé des pièces de monnaie arabes datant du 1er et du 2ème siècles de l’hégire (29).
Près de Six-Fours, à Ollioules, on signale près d’une source thermale, la découverte de monnaies romaines et arabes (30).
Cimetières sarrazins
Dans le Var on a découvert de nombreux cimetières sarrazins. A Ste-Anastasie, St-Julien-le-Montagnier (aux lieux-dits les Maurras et la Mourotte), à St-Paul-en-Forêt (au lieu-dit Maugaries) et aux Arcs. De même qu’une tradition orale veut qu’il y ait à Mazauges, au lieu-dit la « Crau des Sarrasins », un cimetière musulman (31).
A la Moure, « les Maures ou Sarrasins occupaient autrefois tous ces pays et de là lui est venu le nom de la Moure, on y trouve souvent des tombeaux de ces infidèles » (32).

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fin du chapitre 6

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Notes du chapitre 6

(1) - Bien des villages du sud de la France furent détruits par les Sarrasins et leurs habitants contraints alors de fuir et de s’installer sur les hauteurs ou bien de fonder plus loin de nouveaux villages. Ce qui expliquerait le fait qu’après le départ des Sarrasins de la Provence, il était plus facile, pour les vainqueurs, de raser complètement les villages créés entièrement par les Sarrasins. D’où la difficulté de retrouver facilement leurs traces. Retour au texte
 

(2) - B. Poupardin, Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933), Paris, 1901, 472 pages, p. 258. Retour au texte

(3) - R. Poupardin, Le royaume de Bourgogne (888-1038), Paris, 1907, 510 pages, p. 112. Retour au texte

(4) - « C’est vers les derniers temps d’occupation des Sarrasins en France, que commencèrent à se former les langues d’oc et d’oil ; la langue latine n’existait plus que dans les livres, et la langue germanique était tombée en désuétude. L’influence arabe dut s’exercer principalement sur la langue d’oc, commune aux peuples du midi de la France et de la Catalogne, d’abord parce que ce furent les pays où les Sarrasins se maintinrent plus longtemps ; de plus, parce que la littérature des troubadours paraît avoir précédé les autres littératures de l’Europe moderne. Mais cette influence ne dut devenir vraiment sensible qu’après l’entière expulsion des Arabes du sol français. Les monuments de la littérature romane qui nous sont parvenus, sont tous postérieurs à la première moitié du dixième siècle ; … », Réf: Joseph Reinaud (1795-1867), Invasion des Sarrasins en France et de France en Savoie, au Piémont et en Suisse, pendant les 8ème, 9ème et 10ème siècles - d’après les auteurs chrétiens et mahométans, Paris, 1886, 324 pages, p. 306-307. Retour au texte

(5 & 6) - « Les premières invasions des Sarrasins sont empreintes d’un tel caractère de grandeur, qu’on ne peut en lire le récit sans émotion », Réf: Ibid, p. 311.
« Pour comprendre le substrat des récits épiques il faut avant tout consulter les textes arabes », Réf: Naissance et développement de la chanson de geste en Europe, par A. de MANDACH, Paris/Genève, 1961, cité dans : Literatura arabe y literatura francesa en la edad media, par Alvaro GALMES DE FUENTES, Sharq Al-Andalus - Estudios Arabes, Alicante, num. 7 (1990), p. 37-53, p. 39. Retour au texte

(7) - La Garde (7 km à l’est de Toulon) où les dernières incursions sarrazines remontent à 1197, bien après la chute du Fraxinet. Retour au texte
-Hyères (18 km à l’est de Toulon) : découverte de vases arabes, de la grenade incendiaire trouvée sur le site de l’Almanarre et d’autres pièces arabes datant des 9ème et 10ème siècles.
-Le territoire de la rivière La Mole a été occupé par les Sarrasins : on y trouve des retranchements de pierres sèches qui subsistent à Maravieille et à Montjean.
- Dans la plaine de Maravieille, la chronique situe de nombreux silos et des armes attribués aux Sarrasins.
-Dans la plaine de Mouries, il y a une canalisation en terre cuite rouge dont les caractéristiques sont à rapprocher de celles de Médinat Azzahra, près de Cordoue
Réf: Lacam Jean, Les Sarrasins dans le Haut moyen âge français, Paris, 1965, 217 pages, p. 108-115. Retour au texte

(8) - Le plan de Cogolin fait penser à un ancien port.
Les Sarrasins ont bâti un de leurs forts au sommet des Cuguillières. D’après les habitants du pays, on aurait trouvé au sud de Ramatuelle des armes et des tombes.
Une des portes de Gassin l’apparente à certaines portes de Palerme datées des 9ème et 10ème siècles. Réf: Ibid, p. 118-125. Retour au texte

(9) - Le canal de Grimaud amenait l’eau de la source Painchaud vers Grimaud (1 lieue de distance). La source Painchaud et Grimaud étaient séparés par la rivière, La Garde, enjambée par le Pont des Fées dans lequel étaient incrustées des canalisations. Des études concernant les matières composant ces canalisations, attribuent celles-ci aux Sarrasins. La Fontaine des Maures se trouve à la sortie de Grimaud en direction de la Garde-Freinet. Le bassin de recueillement de l’eau irrigue des jardins en étages. Le système d’irrigation moderne, dans cet endroit, pourrait avoir son origine du temps des Sarrasins, Réf: Ibid, p. 132-135. Retour au texte

(10) - En provençal, Fées se dit Fada, ne peut-on voir ici une altération de Fata signifiant officier ? ou encore une altération de feth’a signifiant : fente, ouverture; la maison des fées à Cabasse gardant l’entrée de la vallée et le pont de Grimaud (qui s’appelle aussi Pont des Fées) étant le seul passage pour atteindre de l’intérieur des terres, la forteresse sarrazine, Réf: Ibid, p. 144.
- Dans la région de Barcelonnette où les Sarrasins ont vécu deux siècles, les habitants signalent des emplacements de forges sarrazines où étaient fabriquées leurs armes, leurs outils, et leurs instruments d’agriculture, Réf: Ibid, p. 146 et 148-150. Retour au texte

(11) - On pense que l’établissement des Sarrasins dans la région de Seillans est antérieur au débarquement des Maures dans le Fraxinet et serait plutôt la conséquence d’une pénétration par la Durance et le Verdon, des Sarrasins mis en déroute par Charles Martel en 737. On signale encore que Castellane qui fut détruite vers 812, n’est pas très éloignée de Seillans. La destruction de Baudron et Favas pourrait dater de la même période. Sur le territoire de Seillans, il y a un lieu désigné sur les cartes comme “ cimetière sarrazin ”.
- Dans les environs de Seillans, la tradition situe, à la Bégude, un grand combat où les guerriers assoiffés auraient asséché le puits, en buvant toute l'eau, “ bégu ” en provençal, d’où ce nom.
Ibid, p. 152-160. Retour au texte

(12) - Dans leur retraite, les Sarrasins se retournèrent vers les gens du pays en leur criant qu’ils étaient “ Malla gent est ” (de mauvaises gens !). On érigea, pour célébrer la victoire de Malogineste (à rapprocher de Malla gent est) un monument commémoratif au lieu-dit Jaumar, Réf : Ibid., p. 160. Retour au texte

(13) - Ibid, p. 163-166. Fatimides : dynastie arabe (909-1171). Retour au texte

(14) - Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 191-192.
Ces tours correspondaient avec les îles environnantes, que la tradition dit avoir été occupées par les Sarrasins, île de Bendor, île des Embiez, îles de Porquerolles et Port-Gros, etc., Réf: Ibid, p. 170-174. Retour au texte

(15) - En 1865, l’année où la municipalité du Revest fit pratiquer une ouverture au pied du mur, on trouva dans le magasin voûté une grande quantité d’arcs, de flèches, de fers de lances, et de boucliers ronds, ces derniers en forme de couvercles de marmites, tout à fait semblables à ceux qu’on découvre dans la région des Maures. Sans doute, se tenait autour du Revest un important campement. La tradition parle d’un second Fraxinet, Réf: Ibid, p. 174-180. Retour au texte

(16) - Les chênes kermès sont nombreux dans cette région, comme partout ailleurs dans les forêts du Var. Il est à remarquer l’origine arabe du nom “ quermez ” qui a donné “ qarmzi ”, d’où vient cramoisi, rappelant ainsi, l’emploi que l’on faisait des insectes séchés, ramassés sur ces arbres comme substance tinctoriale.
- On donnait souvent à la tour Pénafort le nom de “ sakhra ”, piton en arabe et “ peña ” en espagnol (rapprocher ces définitions au nom français), Réf: Ibid, p. 183-187. Retour au texte

(17) - Ibid, p. 140-142. Retour au texte

(18) - Ibid, p. 200 (citant Garcin). Retour au texte

(19) - Si l’extraction de la résine était connue auparavant, sa transformation en goudron était une activité nouvelle, Invasion des Sarrasins, o.c., p.298. Retour au texte

(20) - Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 200-201.
La poix était utilisée dans les mélanges employés par les Arabes pour le remplissage de grenades incendiaires ou bombes à feu grégeois. Retour au texte

(21) – Le chêne-liège constitue encore au 18ème siècle l’une des richesses de la région, Réf: Invasion des Sarrasins, o.c., p. 97.
Jusqu’à la fin du 19ème siècle, à la Garde-freinet, 500 ouvriers et ouvrières travaillaient encore à la taille manuelle des bouchons. Si aujourd’hui l’industrie du bouchon est moribonde, on continue cependant de détacher le liège, Réf: Histoires..., Bernard Nantet, édition Londreys, Paris, 1988, 143 pages, 66. Retour au texte

(22) - Ibid, p. 67. Retour au texte

(23) - Cette plante peut servir à la fois d’engrais et de fourrage, et sa graine fournit une farine qu’on peut convertir en bouillie, Réf: Invasion des Sarrasins,o.c., p. 297. Retour au texte

(24) - Arslan, o.c., p. 237.Retour au texte

(25) - Chevaux de taille petite, ils servaient aussi bien aux travaux des champs qu’aux messageries et à l’apparat, Réf: Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 136; Invasion des Sarrasins, o.c., p. 298-299.
Les Sarrasins, lorsqu’ils prenaient la mer, emmenaient avec eux des chevaux qui leur permettaient de poursuivre leurs courses sur terre. Ce fait est mentionné dans une lettre du pape Léon III à Charlemagne. Retour au texte

(26) - Arslan, o.c., p. 237-238. Retour au texte

(27) - A Callian, “ les Sarrasins à leur arrivée en Provence donnèrent aux habitants le spectacle de leurs danses guerrières. Une de ces danses appelée la Mauresque s’est perpétuée dans cette contrée…Elle s’exécute en courant les rues, les uns derrière les autres, en une seule file, en gambadant, ou battant des entrechats et s’arrêtant de temps à autre pour boire à la ronde ”. Cette danse est encore effectuée dans les fêtes locales de Fayence, Seillans, etc. Réf: Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 201, citant Garcin. Quant à La Bravade, elle est encore à l’honneur au cours des fêtes locales dans le Var, et en particulier à St-Tropez. Il s’agissait, à l’époque des Sarrasins, de “ braver ” ces derniers en exécutant les processions religieuses. Lors de ces processions, les reliques étaient protégées par des soldats. En effet, si les Sarrasins reconnaissaient la liberté du culte catholique, ils ne toléraient pas son expression en public. Retour au texte

(28) - Un danseur figure entre deux danseuses et présentant alternativement une orange à chacune d’elles. Autre danse, celle de deux guerriers brandissant chacun une épée et essayant d’enlever une bergère ou au contraire de la défendre contre son ravisseur, Réf: Invasion des Sarrasins, o.c., p. 300-301. Retour au texte

(29) - Une monnaie islamique datée de 133(H) et frappée en Egypte pour Abd-al-Malek ibn Yazid, khalife omeyyde (Damas). Une autre monnaie plus simple, peut-être datée de la fin des Omeyyades. A Olbia (Al Manar), près d’Hyères, une monnaie que l’on peut dater de la fin des Omeyyades. Et une autre monnaie non encore identifiée. Dans le catalogue du musée de Draguignan, il y a une médaille coufique. Sur cette pièce il y a une inscription, en plus des inscriptions coraniques traditionnelles, “ Obeid Allah, gouverneur d’Egypte, 1er siècle de l’hégire”, Réf: Les Sarrasins dans le Haut moyen âge, o.c., p. 203-204. Retour au texte

(30) - Ibid, p. 160. Retour au texte

(31) - Ibid, p. 202-203. Retour au texte

(32) - On n’a pas découvert de tombes sarrazines à la Moure, mais il y a une coutume curieuse qui n’est pas sans évoquer son origine arabe. On venait du Plan de la Tour pour se faire enterrer à la Moure (le mort entouré d’un drap et porté entre deux bâtons), Réf: Ibid, p. 203. A proximité de La Londe-Les-Maures, la tradition orale situe un cimetière sarrazin; découverte aussi d’une pointe de javeline trouvée à La Londe (Var), Réf: Ibid, p. 111-112. Retour au texte

fin des notes du chapitre 6

 


 

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